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Histoire des Guérin - 25 - La révolution et l'Empire

)(rédaction du 8.5.93





25. LA REVOLUTION ET L'EMPIRE





Il fallait s'y attendre. La Révolution ne pouvait commencer qu’avec nous. Trois Guérin figurent parmi les vainqueurs de la Bastille.

Charles Guérin. On ne sait où ni quand il est né, ni même ce qu'il pouvait faire à Paris en ce 14 juillet 1789, sinon qu'on le retrouve peintre doreur à Tours en 1833, mais habitant Semblançay.

Jean Baptiste Guérin, né en 1763, mais sans autres précisions. En 1833, il habitait Bordeaux, au 41, péristyle du Grand Théâtre.

Pierre Guérin, garde française, né à Paris le 16 juin 1749. Il est fils de Pierre Guérin et de Marguerite Charpentier. Il est mort à l'hôtel des Invalides en 1833.

BIBLIOGRAPHIE: Minitel 36-15 code AC3*GAM (Généalogie assistée par Minitel)


Jean Guérin de la Chaise
1744 - 1827


Il est né au château de la Chaise à Doudrac le 19 janvier 1744. Enseigne au régiment d'infanterie de marine le 20 avril 1761, puis lieutenant le 26 janvier 1762, il participa à la conquête de la Corse en 1768-69, puis aux guerres d'Amérique comme capitaine du régiment d'Auxerrois Infanterie. Il se fit remarquer lors de la prise de la Dominique et de Tobago à la suite de quoi il lui fut attribué une pension de 400 livres.
Bien qu'il ait été nommé colonel d'infanterie le 5 janvier 1792, il préféra émigrer et rejoignit l'armée de Condé. Blessé le 2 décembre 1793 à Berstheim , maréchal de camp le 5 janvier 1797, il répondit à l'amnistie décrétée par le Premier Consul et cessa de servir le 30 décembre 1801.
Il se retira en ses terres de Doudrac, dont il fut le maire. La Restauration lui alloua une pension le 14 novembre 1815. Il est mort à Doudrac le 28 septembre 1827. Il était membre de la branche française de la société américaine de Cincinnati.

BIBLIOGRAPHIE: Biessey: «Répertoire biographique fes généraux de l’armée de terre nommés sous la restauration» 1875 -


Félix Guérin et les roses
1756 - 1839


Il est agréable de traiter d'un homme pacifique, amoureux des roses, qui tranche nettement sur l'atmosphère brutale de son époque. Né le 28 février 1756 à Sommevoire (52), Félix vint s'installer à Angers en 1780. Il y loua un terrain sur le chemin de Saint Léonard et y pratiqua sa fort paisible passion de jardinier. Il cultivait les giroflées, les jacinthes et les oeillets. En 1790, indifférent aux événements politiques qui n'avaient rien de réjouissant, il acquit l'hôtel de la Croix Verte, près de Saint Samson, un quartier sud d'Angers où il fit la connaissance du jardinier en chef du jardin botanique.
Sa passion l'occupa de plus en plus, son hôtellerie marchant fort bien, lui procurant les revenus plus que suffisants pour les achats de plantes rares. Mais peu à peu, ni son jardin, ni ses chassis ne suffirent à abriter le collection unique des variétés qu'il avait rassemblées. Il acheta alors en 1813 un vaste terrain sur la route de Paris, y transplanta ses cultures et s'y transforma en véritable horticulteur.
Après les magnolias, il passa aux rhododendrons qui ne se reproduisaient jusqu'alors que par couchage, dit aussi marcottage . Il parvint à les reproduire par simple semis. Ce simple progrès permettait la commercialisation.
C'est alors qu'il se passionna pour les roses. Il en créa trente variétés nouvelles entre 1815 et 1820, dont la «rose Guérin». Elle fut si célèbre qu'elle fut peinte par Redouté dans sa «Monographie des roses», une immense collection dans laquelle il avait reproduit la plupart des roses les plus appréciées des amateurs.
C'était un début des plus prometteurs. Il créa encore 18 remontantes et 30 autres variétés de plantes entre 1820 et 1825. Les cinq années suivantes le virent créer encore vingt roses thé et seize bengales. Il en créa encore quarante nouvelles variétés pendant les cinq dernières années de sa vie. Il mourut le 10 janvier 1839, âgé de 83 ans. La société Industrielle d'Angers a publié le catalogue de ses 149 créations les plus remarquables

BIBLIOGRAPHIE: «Dictionnaire historique du Maine et Loir»


Jacques Julien Guérin de Walderbach
1757 - 1844


Il est né le 26 janvier 1757 au château de la Bigotière . Soldat au régiment de Bretagne en 1774, sergent en janvier 1781, il participa aux sièges de Port-Mahon et de Gibraltar. Officier en décembre 1791, puis capitaine à l'armée du Rhin en octobre 1792, il prit part à l'occupation de la rive gauche du Rhin, à la prise puis à la défense de Francfort et ensuite à la défense de Mayence d'avril à juillet 1793, assiégée par les Prussiens. Lors de la reddition de la place, Kléber avait obtenu de l'ennemi qu'il puisse se retirer avec son armée à la condition qu'elle ne participe plus aux combats pendant un an. Jacques rejoignit les armées en Vendée , fut blessé à Cholet le 15 octobre 1793, combattit au Mans, à Savenay puis à Machecoul en janvier 1794.
Nommé adjudant général, chef de brigade, il commanda les départements des Basses-Pyrénées, des Landes et de la Gironde avant d'être promu général de brigade le 3 novembre 1799 et obtenir le commandement du département de Rhin et Moselle en juillet 1802. Affecté à la Grande Armée, il était commandant du dépôt général de l'infanterie à Lowiez.
Il participa à la campagne d'Espagne en 1808-1809 et reçut le titre de baron d'Empire le 21 décembre 1808. Il était au second siège de Saragosse de décembre 1808 à février 1809 où il avait fallu prendre la ville maison par maison, ardamment défendues aussi bien par les soldats réguliers que par résistants, les femmes et les moines. Guérin y fut blessé en janvier 1809. Le tiers de la ville avait été détruit et la moitié de ses habitants y avaient trouvé la mort.

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Après l'évacuation de l'Espagne, il fut à nouveau commandant du département de Rhin et Moselle, et en 1813 organisa à Mayence les renforts pour la Grand Armée. Il se rallia à Napoléon pendant les Cent Jours et l'accompagna jusqu'à Waterloo. Il se retira en 1815 et mourut à Walderbach le 4 avril 1844.
Ses armes portent: «écartelé au 1 d’azur aux deux chevrons d’or accompagnés de trois étoiles du même, au 2 de gueules à une épée haute en pal d’argent, en 3 d’hermine au lion rampant de gueules, au 4 de sable au cerf courant d’argent sur terrasse de sinople, d’où sortent deux arbres de sinople accostés chacun au pied d'une plante de fougère au naturel»

BIBLIOGRAPHIE: Révérend: «Armorial du premier Empire, titres anoblissements et pâieries» -


Pierre Guérin Dumarchais, conventionnel
1759 - 1818


Son père étant greffier au bailliage de Sens, il y naquit le 14 juillet 1759, mais pour se distinguer de ses deux autres frères, il prit le nom d'une terre familiale. Il fit des études poussées à Orléans et se passionna pour les lettres latines. En 1792, il fut élu à la Convention pour représenter le nouveau département du Loiret. Partisan des réformes qui s'avéraient indispensables, son caractère modéré lui fit toujours préferer les solutions de compromis comme ce 6 septembre 1792 où il votait pour la .«détention perpétuelle de Louis XVI et son expulsion après la guerre»
Envoyé en mission dans le midi, le Girondin Guérin, s'y opposa aux Montagnards de Robespierre qui proscrivaient les soi-disant réactionnaires. Cette position courageuse faillit lui coûter la vie. Dénoncé comme ennemi du peuple, accusé de tiédeur dans son comportement républicain, arrêté à Toulon, un décret de Robespierre annula ses pouvoirs.
Sauvé par la chute de Robespierre le 9 thermidor (27 juillet 1794), Guérin entra au Conseil des Cinq-Cents , l'équivalent de notre actuelle Chambre des Députés et y vota en faveur de toutes les mesures d'ordre public. Il prit même la défense des 73 députés proscrits et demanda qu'ils soient réintégrés dans leurs fonctions. C'est dans la même ligne de conduite qu'il présenta l'acte d'accusation contre Carrier le 25 novembre 1795. Ennemi de l'arbitraire, il s'opposa aux décrets de proscription des 19 et 20 fructidor qui suivirent le coup d'état du 18 fructidor (4 septembre 1797).
Il approuva le coup d'état de Bonaparte du 18 brumaire (9 novembre 1799) et l'instauration du Consulat. Bonaparte le chargea d'une mission de conciliation dans l'ouest pour mettre définitivement fin aux guerres de Vendée. De retour de mission il fut élu député du Loiret au Corps Législatif dont il devint secrétaire en l'an XI et prêta son concours à toutes les mesures tendant à raffermir l'Etat affaibli par dix ans de troubles et à apaiser une société profondément ébranlée et divisée entre les tenants de l'ancien régime et ceux de la République. Il travailla activement dans la commission de rédaction du Code Civil.

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Sa carrière politique aurait pu se poursuivre normalement si de malheureuses circonstances n'étaient venues la briser. Invité au sacre de Napoléon le 2 décembre 1804, il avait voyagé de Gien à Paris sur l'impériale de la diligence par une nuit froide et pluvieuse. Il en descendit perclus de rhumatismes qui résistèrent à toutes les ressources de la médecine et l'obligèrent à résigner ses mandats en 1806.
Président du Tribunal Civil de Gien en 1807, il remplit ses fonctions avec les forces qui lui restaient, bien qu'il doive se faire porter aux audiences. En 1811, il fut frappé par une autre infirmité en perdant la vue. Ne pouvant plus siéger, il donnait des cours de droit à quelques jeunes gens studieux et discutait avec eux des auteurs latins. Il s'éteignit le 26 février 1818 au milieu de sa famille.


Jean Urbain Guérin, portraitiste
1761 - 1836


Fils du sculpteur Jean Guérin (1734-1787), il est né à Strasbourg le 1 avril 1761, reçut ses premières leçons de son père, puis de Huin à Strasbourg et de Regnault à Paris avec lesquels il se dirigea vers la miniature et l'aquarelle. Son talent ayant été reconnu, il fut appelé à la cour pour exécuter les portraits de Louis XVI et de Marie Antoinette qui lui accordèrent leur protection.
Il réalisa une série de portraits des membres de l'Assemblée Nationale, l'ancêtre du «Trombinoscope» en usage à la Chambre des Députés. En 1792, il se réfugia à Obernai puis s'engagea dans l'armée de Desaix, qui après la chute de Robespierre, favorisa sa carrière artistique en le faisant venir à Paris sous le Consulat. C'est là qu'il entreprit une nouvelle collection de portraits des généraux Bonaparte, Bernadotte, Desaix, Kleber, etc... En 1812, il fit le portrait de Napoléon et le fit graver par Roger. Les oeuvres de Guérin ont été régulièrement exposées aux salons entre 1798 et 1827. Il se retira à Obernai en 1833 chez son frère aîné Christophe où il mourut le 29 octobre 1836.

BIBLIOGRAPHIE: R.Heitz: «La peinture en Alsace 1050-1950» p.190-191 -


Vicomte François Guérin d'Etoquigny
1762 - 1831


Né à Dieppe le 28 avril 1762 d'un père avocat au Parlement, puis notaire, il fut admis en 1784 à l'Ecole royale des ponts et chaussées et y resta jusqu'en 1788. Il se préparait ainsi une vie de voyages professionnels sur notes de frais. La Révolution lui offrit une toute autre carrière, car en septembre 1791, il était sous lieutenant au Huitième Dragons. Lieutenant en 1792, il fit partie de l'armée des Alpes en septembre 1793. Promu chef d'escadron aux hussards des Alpes en septembre 1794, il organisa le dépôt de Cavalerie de Vienne en Isère.
Il ne devait plus quitter les hussards, à l'origine des recrues hongroises de cavalerie légère défendant les frontières autrichiennes contre les Turcs. Ils étaient levés par vingtaines, d'ou leur nom qui signifie «celui d’une troupe de vingt». Chef provisoire de brigade, Guérin commandait le Treizième hussard en janvier 1795 mais ses sentiments envers la République étaient des plus tièdes si l'on sait qu'il fut destitué comme suspect de royalisme le 3 octobre 1795, puis réintégré en septembre 1796 pour servir dans l'Armée d'Italie en 1796-97, ses capacités militaires ayant été jugées plus importantes que ses idées politiques. Il participa aux combats de Modène le 15 juin et se distingua à la Trebbia les 18-19 juin 1799. Nommé général de brigade le 30 juin, son grade lui sera confirmé le 19 octobre.

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Sa carrière sera aussi brillante que mouvementée. Ses opinions ouvertement royalistes et son caractère entier, dépourvu de nuances ne lui facilitaient pas les relations en haut lieu. Il était commandant de la division militaire de la Seine Inférieure en 1800 quand il eut la mauvaise idée d'utiliser les chevaux de l'artillerie à son usage personnel et la malchance d'être dénoncé. Les Consuls le mirent d'abord en non activité, puis réflexion faite, l'envoyèrent en février 1804 diriger le camp de Zeist en Hollande.
C'est là qu'il rentra en grâces, car peu après, on lui confiait le commandement de la cavalerie batave en mars 1804. Il compta même parmi les tout premiers titulaires de la Légion d'Honneur, décernée pour le première fois aux Invalides le 15 juillet 1804. L'Empereur le nomma chef d'Etat-Major de l'armée de Hollande, puis en septembre 1805, de toutes les troupes stationnées en Hollande.
Les Hollandais ayant peu apprécié son caractère difficile, on le muta en Italie en août 1806 comme commandant militaire du département des Apennins. Au cours des campagnes d'Autriche de 1809, il commanda la forteresse de Graz, puis toute la Styrie et la Carinthie avant qu'il ne rejoigne la France en 1810.
Envoyé en janvier 1812 à l'armée du Portugal, il y remplit le rôle de chef d'Etat Major de Marmont au cours de la retraite vers Burgos. Gouverneur militaire de Valladolid en juillet 1812, il n'oublia pas de se faire remarquer en arrêtant arbitrairement un commissaire des guerres en juillet. L'Empire était virtuellement vaincu. Pallafox avait repris Sarragosse. Comme beaucoup d'autres, Guérin quitta l'armée sans en avoir reçu l'ordre. Bien qu'il s'agisse de désertion caractérisée, on se contenta de le mettre d'office à la retraite en juillet 1813.
Il se rallia à la Restauration dès 1814, fut nommé commandant du Loiret en 1815 et ne rejoignit donc pas Napoléon. On s'en serait douté. Ardent monarchiste, il était président du Conseil de Guerre chargé de juger le général Debelle qui s'était rallié à Napoléon pendant les Cent Jours et s'était opposé au duc d'Angoulême. Proscrit et recherché, il s'était constitué prisonnier. Guérin fit tout son possible pour qu'il soit condamné à mort. Louis XVIII, plus magnanime, commua sa peine en dix ans de détention et le gracia au bout de deux ans, le duc d'Angoulême lui constituant un pension.

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Guérin fut mis en disponibilité en 1819 à la suite de violences envers d'anciens officiers de Napoléon en demie solde. Cela ne l'empêcha pas d'être nommé lieutenant général en 1821, puis inspecteur général de la Gendarmerie en 1831.
Royaliste par conviction, il avait malgré tout fort bien servi la République et l'Empire. La Restauration le fit baron le 2 mars et chevalier de Saint Louis le 20 août 1814. Il meurt à Saint Germain en Laye le 28 avril 1831. Il avait encore eu l'occasion de se singulariser en ne demandant pas de règlement d'armes si bien qu'il n'est pas possible d'en reproduire.

BIBLIOGRAPHIE: Marcel Boulin dans la revue «Vivat Hussar» Musée international des Hussards à Tarbes 1962 -


Louis Joseph Guérin, chef chouan
1766 - 1795


Il est originaire de Saint Hilaire de Chaléon (44) où il est né d'un père aubergiste, François Guérin et Louise Bruneteau le 7 septembre 1766. Il débuta dans l'existence comme coquetier, c'est à dire commerçant en beurre, oeufs et volailles, un métier qui lui permettait de connaître à peu près tout le monde dans la région. Ces relations lui serviront plus tard. Louis et son frère Jean participèrent à la résistance contre la Convention. Il était du nombre quand les habitants de Chauvé, Vue et Frossay au pays de Retz se révoltèrent et attaquèrent Paimboeuf. Mais sans expérience militaire, sans préparation, les Vendéens prirent la fuite devant les canons.

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Présentons maintenant le personnage. Il possédait une forte personnalité et une totale indépendance et n'acceptait qu'avec réticence les ordres de ses supérieurs. Sa bravoure était légendaire. Un bleu l'ayant visé au cours d'un engagement, Guérin le fixa en lui criant qu'il allait le manquer. Impressionné, le bleu le manqua effectivement avant que Guérin ne tire à son tour et l'abatte.
La Cathelinière, général de la division du pays de Retz s'était replié au coeur de la forêt de Princé, avec Guérin sous ses ordres. Le 11 mars 1793, avec 10.000 paysans, ils s'emparèrent de Bourgneuf, mais en furent chassés aussitôt par la garde nationale de Pornic. Guérin était maintenant le principal représentant du comité royaliste de Bourgneuf. Il en partit le 23 mars avec le marquis de la Roche Saint André et la Cathelinière pour s'emparer de Pornic qui fut facilement prise d'assaut. Les blancs en profitèrent pour bien fêter la victoire, piller les caves et profiter de l'aubaine, mais comme ils étaient à peu près tous ivres morts, les bleus reprirent facilement Pornic et les massacrèrent.
Quatre jours plus tard, Charette attaquait à nouveau Pornic avec Guérin et la Cathelinière à la tête de plusieurs milliers de blancs. Les 200 gardes républicains durent l'évacuer. De son coté Guérin s'empara de Vue le 6 avril après en avoir chassé les bleus qui se retirèrent à Paimboeuf, mais il dut à son tour abandonner Bourgneuf le 26 avril pendant que Charette se repliait de Pornic sur Machecoul. Ils purent cependant reprendre l'offensive. Guérin était le 25 mai à la prise de Fontenay, et le 29 juin au siège de Nantes, mais contraint de rester sur la rive sud de la Loire. Il s'attaqua vainement à Luçon, mais le 11 octobre, entrait à Noirmoutiers et fêtait la victoire des Quatre Chemins le 8 décembre.
Lorsqu'aux Herbiers, le 9 décembre 1793, Charette fut élu général en chef, Guérin accompagné de 200 fantassins et 50 cavaliers, s'empara d'un poste républicain et en massacra tous les hommes. Puis Charette ayant été mis en difficultés, il accourut à la Basilière, le dégagea et dispersa les républicains sortis de Légé.
Avec Charrette, il signa la soumission de la Jaunaye qui ne dura pas, les combats ayant repris au bout de peu de temps.

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Quand la Cathelinière fut capturé par les bleus et guillotiné le 2 mars 1794, ses troupes vinrent se placer sous le commandement de Guérin. Le 19 mars, il attaqua les troupes d'Haxo qui trouva la mort aux Clouzeaux puis allai secourir Sapinaud près de Pouzauges. En juin il décima 2000 bleus dans les landes de Bejarry, mais se heurta à Challans à un régiment de dragons qui s'emparèrent même de plusieurs drapeaux blancs. Il ne savait peut être pas qu'il avait devant lui son homonyme Guérin de Walderbach dont nous avons parlé en début de chapitre.
Guérin eut la gloire de sauver la vie à Charette, attaqué près de Légé par quatre mille bleus. Un cavalier républicain l'avait mis en joue quand Guérin plus rapide, lui brûla la cervelle. Charette et Guérin furent depuis ce jour amis intimes et combattirent ensemble. Ils étaient tous deux à l'attaque du camp retranché de Fréligné près de Touvois le 15 septembre 1794.
Guérin était alors membre influent des armées vendéennes. Aux côtés de Charette, il signa le traité de la Jaunaye le 17 février 1795 qui ramenait théoriquement la paix. Ce ne fut qu'un répit, car Charette la dénonça en juin pour appuyer le débarquement royaliste à Quiberon.

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Guérin trouva la mort lors d'un affrontement à Saint Cyr en Talmondais le 25 septembre 1795 alors qu’il commandait la cavalerie. Charette lui fit rendre les honneurs militaires à Bourg sous la Roche où il fut inhumé.
La suite des événements est beaucoup moins glorieuse. Ses deux frères François Amboise et Jean Baptiste (1769-1825) l'avaient peut être accompagné dans ses combats, mais la Vendée était pratiquement vaincue. Plusieurs capitaines vendéens avaient fait leur soumission en fin février 1796, dont Guérin le Jeune qui alla juqu'à communiquer aux bleus les cachettes de Charette. Traqué par Hoche dans le marais, ce dernier sera capturé le 23 mars et fusillé à Nantes le 29 du même mois. Hoche ne lui en saura aucun gré. Le jugeant dangereux, il fera enfermer Guerin le jeune au chateau de Saumur. Il participera cependant à la conspiration vendéenne de 1804.

Notons quand même la présence de Jacques-Julien Guérin, adjudant général sous Huché, cité avec éloges dans le rapport général de Hoche le 13 juillet 1796 et Pierre Guérin, procureur général syndic du département des Deux-Sèvres, qui dès le 3 mars .1793, demandait l’envoi de secours à la Vendée menacée d’insurection dans la région des Sables d’Olone. Il sera député des Deux Sèvres en l’an IV, puis au Conseil des Anciens en avril 1799.


BIBLIOGRAPHIE: Crétineau Joly «Histoire de la Vendée militaire» 1865 - J.Rousse «Les lieutenants de Charette, Louis Guérin» Nantes 1899 - François Chiappe: «La Vendée en Armes, les géants» Tome II


Jacques Charles Guérin des Rivières
1772 - 1826


Il est né à La Selle la Forge près de Flers (Orne), fils de Charles François Guérin des Rivières et d'Anne Le Sec, elle même fille de chirurgien. Leurs familles avaient refusé les idées nouvelles comme le firent la plupart des habitants de Flers et de sa région. Comble de maladresse, les bleus multipliaient les réquisitions sans y mettre les formes et procédaient à de terribles représailles contre les «ennemis de la nation» qui refusaient la conscription, la livraison de leurs réserves ou cachaient les prêtres réfractaires.
En mai 1794, Flers fut imposée arbitrairement à 4.000 Frs de contribution pour fournir des chevaux à l'armée, puis le 3 septembre, un jeune réfractaire fut sommairement passé par les armes. C'est ainsi que débuta la révolte.

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Jacques rejoignit le premier noyau de Chouans dans la région de Flers. Il groupait 300 réfractaires provenant d'une douzaine de paroisses, organisés en quatre compagnies équipées tant bien que mal sous la direction de Michel Moulin, dit «Michelot». Voulant se mettre sous la direction d'un chef aguerri, ils firent appel à Louis de Frotté , dit «Blondel» Arrivé à Flers en février 1795, il avait installé son Quartier Général au château et réussit à mettre les bleus en échec.
Jacques prit une part active aux guerres de la Chouannerie dans la région de Flers et fut l'un des «diables rouges» en raison de la couleur de leur veste, différente de celle des Chouans des autre régions. Il avait obtenu le rang de lieutenant et pris le nom de «Voltige» Il participa à plusieurs rencontres contre les bleus, en particulier à Landisacq le 2 février 1796. Frotté qui y était cantonné avec 600 chouans vit approcher les bleus qui ne soupçonnaient pas sa présence. C'était l'occasion de leur tendre une embuscade. Mal préparée, quand les bleus tombèrent dans le piège, les Chouans n'étaient pas au bon endroit.
Comme on ne se hait bien qu'entre proches voisins, les deux partis rivalisaient de sauvagerie et ne faisaient pas de prisonniers. Flers étant sous la domination des Chouans, les partisans des bleus se réfugièrent à Condé sur Noireau, en majorité républicaine. C'est à cette occasion que Jean Baptiste Guérin des Jardins, procureur de Flers, surpris à Cerisy le 9 juin 1795, fut froidement abattu par les Chouans qui se vengèrent ainsi de ses dépositions relatives aux émeutes. Il n'était pas question de pitié envers les blessés. Parmi les atrocités relevées, on a le choix entre toutes sortes de tortures, et même la relation d'un pauvre homme saigné comme un porc sur une table.
Une armistice générale fut signée le 12 prairial an IV (24 juin 1796) après la prise du château de Flers par les bleus. Les années 1797 et 1798 furent relativement calmes, mais le feu couvait sous la cendre. Les Chouans reprirent le combat dès juillet 1799 et Frotté, revenu d'Angleterre, réorganisait ses douze cents hommes. Jacques prit part à la bataille de Montsecret le 4 août 1799, lors de laquelle il fut blessé. Il secourut quand même son commandant Billard de Veaux, grièvement blessé au cours de l'affrontement et le cacha dans sa maison à proche distance de la gendarmerie avant de le transporter à Messei.
La chouannerie ne se termina en Normandie que par la capture de Frotté. Il s'était rendu à Alençon, muni d'un sauf conduit pour traiter de la paix. Au mépris de la parole donnée, il fut conduit à Verneuil et fusillé le 18 février 1800.

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Jacques Guérin se retira dans la maison qu'il habitait à Flers. Il acheta la propriété en 1802 et se lança dans l'industrie textile. Son esprit inventif introduisit de notables améliorations aux métiers à tisser et lui permit de développer les procédés de teinture en bleu et en vert.
Il inventa le procédé du «retors» ou «retordage» ainsi désigné parce que dans la constitution de la chaîne, on enroule les fils deux par deux en les tordant l'un sur l'autre. La torsion des fils se fait donc en sens inverse de celle des fils simples. Le métier à retordre est semblable au métier à tisser, mais les cylindres d'étirage y sont remplacés par des cylindres d'appel et de guidage des fils à retordre. Jacques est donc l'auteur principal du développement de Flers, une petite cité de tisserands, qui passait ainsi de 3.000 à 15.000 habitants au cours du XIX° siècle. Il est aussi à l'origine de l'expression: «donner du fil à retordre» mais celà, il ne le savait pas encore.
Assez peu intéressé par l'argent, Jacques n'eut même pas l'idée de faire breveter ses inventions, mais en fit bien au contraire profiter ses confrères. Il n'était pas non plus sectaire dans ses opinions politiques. En effet, le bonapartiste Richard Lenoir , proscrit en 1814, trouva refuge chez l'ancien chef chouan Guérin. On se comprend facilement entre anciens résistants. Jacques Guérin mourut à Flers le 5 février 1826.

BIBLIOGRAPHIE: Auguste Surville «Flers pendant la Révolution» Ed. Folloppe Flers 1912 -



Louis Guérin de Bruslard
second de Frotté


Il descend d'une vieille famille champenoise qui a pour ancêtre Didier Guérin, seigneur de Sauville , cité en 1542. Elle portait: «d’or aux trois lions de sable armés lampassés et couronnés de gueule posés 2 et 1»
La vie de garnison manquant par trop de distractions, il avait compromis la fille du colonel. Ce dernier, peu rancunier le fit admettre aux Ecoles Royales en 1760, d'où il sortit sous-lieutenant. On le retrouve aux deux sièges de Mahon et de Gibraltar, puis capitaine en 1793. Il sera à Turin, puis chez Mirabeau avant d'être lieutenant colonel, mais il émigrera à Londres où il se liera d'amitié avec Louis de Frotté.
Leurs caractères étaient dissemblables. Autant Frotté était raisonnable et réfléchi, autant Bruslard était expansif à un point qu'on le traitait de fou. Mais c'était un fou d'une telle témérité qu'elle mettra sur les dents les généraux et les gendarmes de la République et de l'Empire.
En Normandie avec Frotté, il consacra ses efforts à gagner le pays à la cause des Bourbons. Une trêve ayant été signée, il s'installèrent à Caen, puis au château de Coupigny avant de débarquer à Londres le 30 septembre 1797 où Guérin reçut son brevet de colonel.

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La guerre ayant repris, précédant Frotté de vingt jours, il débarqua en France le 3 septembre 1799. Il l'accompagna dans toutes ses actions avant qu'il ne soit envoyé en mission auprès de Louis XVIII pour connaître ses intentions au sujet de la paix proposée par le Directoire. On sait que, peu soucieux de se battre réellement en personne, les princes rendront l'ambassade inutile.
Mais on reparlait de paix. Frotté, depuis les rochers de Bagnoles écrivit ses instructions à Guérin par lesquelles il le chargeait de le remplacer à la tête des armées royales de Normandie pendant son absence. On sait comment Frotté fut jugé sommairement et exécuté. La chouannerie était finie.

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Louis fit sa soumission à Paris. On le laissa tranquille jusqu'à l'attentat de la rue Saint Nicaise. Bien que soupçonné à tort, il dut prendre la fuite, mettant sur les dents la police de Bonaparte. Il se faisait héberger et cacher par les dames royalistes. Rose Banville, dite l'héberge à Caen, la poétesse Dotteville à Valognes. Tous ces jupons à sa dévotion étaient du goût du chevalier Guérin. Caché chez l'une d'elles, il reçut la visite inattendue d'une autre dame qui le découvrit dans le plus simple appareil. Comme il se sentait toujours en forme «on eut toutes les peines du monde à l’empêcher de la suivre dans le lit où elle s’était réfugiée». Guérin, âgé de soixante dix ans avait toujours autant d'ardeur en amour qu'à la guerre.

La Restauration lui donna les étoiles de général avec le gouvernement militaire de la Corse, comptant sur lui pour surveiller Napoléon à l'île d'Elbe. Il s'embarqua sur le «Fleur de Lys» le 12 novembre 1814. Il commença par un inspection générale de ses administrés où il reçut un accueil enthousiaste. Mais, sa surveillance ayant été déjouée par Napoléon, il revint sur le continent.
En 1826, Guérin de Bruslard et la Trémoille firent ériger à Verneuil le monument sculpté par David d'Angers à la mémoire de Frotté et de ses compagnons tombés pour le roi.

BIBLIOGRAPHIE: J.F Chiappe: «La Vendée en armes» Perrin 1982 -


N'oublions pas celles et ceux qui en cette période sanglante finirent à la guillotine. Ils furent vingt-neuf, si nombreux que plusieurs furent exécutés ensemble. Ils sont classés d'après le motif de leur condamnation.


Les femmes

Marianne Guérin, résidant à Guiche , condamnée comme ennemie de la Révolution par le Tribunal criminel de Niort le 4 ventôse an II (24.3.1794).
Marie Guérin, habitant Cholet, complice des Vendéens, condamnée par la commission militaire de Nantes le 29 nivôse an II (18.1.1794)


Les Chouans

Pierre Guérin, laboureur à Aubigny (85) condamné comme Vendéen par la Commission militaire des Sables d'Olone le 18.04.1793
Jean Guérin, de Nantes condamné comme Vendéen par la CM de Nantes le 16 nivôse an II (5.1.1794)
Exécutés ensemble: Jean Guérin et Julien Guérin, tous deux de Nantes condamnés par la CM de Nantes le 30 nivôse an II (19.1.1794)
Exécutés ensemble: Mathurin Guérin de Nantes et un autre Mathurin Guérin de Sainte Passane (44) condamnées comme Vendéens par la CM de Nantes le 6 nivôse an II (25.1.1794)
Louis Guérin, de Saint Georges sur Loire (49) condamné comme Vendéen par la CM de Savenay également le 6 nivôse an II (25.1.1794)
François Guérin de Nantes condamné comme Vendéen par la CM de Savenay le 4 pluviôse an II (23.1.1794)
Sébastien Guérin, cultivateur à Boué (44) condamné par la CM d'Angers comme traître à la Patrie le 25 ventôse an II (15.3.1794)
Exécutés ensemble: Pierre Guérin, Jean Guérin et Jacques Guérin, tous trois de Bouguenais (44) condamnés comme Vendéens par la CM de Nantes le 13 germinal an II (2.4.1794)



Les curés

Jean Baptiste Guérin, prêtre résidant à Lyon, condamné comme réfractaire par le Tribunal Criminel de la Seine le 14 frimaire an II (5.12.1793)
François Guérin, curé de Chiché (79) condamné par le Tribunal Révolutionnaire de la Vienne le 28 ventôse an II (18.3.1794)
un autre François Guérin, âgé de 50 ans, né à Briançon et résidant à Lyon, condamné par la Commission Révolutionnaire de Lyon, comme contre-révolutionnaire le 29 pluviôse an II (17.2.1794)


Pour raisons diverses

Jean-Baptiste Guérin, marchand à Reims condamné par le Tribunal Criminel de la Seine pour émission de faux assignats le 25 avril 1792
Exécutés ensemble: Guillaume Guérin, marchand de toiles peintes, âgé de 18 ans et François Guérin, né à Fourgue (74), habitant Lyon, épicier âgé de plus de 40 ans, tous deux condamné par le Commission Révolutionnaire de Lyon comme contre révolutionnaires le 16 nivôse an II (5.1.1794)
René Guérin, laboureur à Cussay (37) condamné par la commission militaire de La Haye comme contre-révolutionnaire le 25 pluviôse an II (13.2.1794)
Joseph Guérin, domicilié à Aix en Provence, cultivateur, condamné comme Girondin par le Tribunal de Marseille le 26 ventôse an II (16.3.1794)
Jean Guérin, dit La Déroute, fabricant de bas à Nimes, condamné par le Tribunal Criminel de Nimes le 25 germinal an II (14.4.1794) pour avoir organisé des attroupements contre la Révolution
Gabriel Guérin, dit Lucas, né à Châteauroux, demeurant à Indreville (36) tailleur âgé de plus de 41 ans condamné par le Tribunal Révolutionnaire de Paris comme fournisseur infidèle aux armées le 23 prairial an II (11.6.1794)
Thomas Guérin, dit Lorillard, né à la Charité sur Loire, perruquier à Orléans âgé de 36 ans, condamné par le Tribunal Révolutionnaire de Paris le 26 prairial an II (14.6.1794) comme conspirateur pour avoir applaudi au fédéralisme;
Grégoire Guérin, né et habitant Menou (58), âgé de plus de 20 ans, volontaire à la première levée, complice d'un complot dans la maison d'arrêt du Luxembourg où il était détenu, condamné par le Tribunal Révolutionnaire de Paris le 21 messidor an II (9.7.1794)
Jean Guérin, âgé de 32 ans, né à Hevroux domicilié à Chatillon sur Seine, sellier, condamné comme ancien conspirateur le 9 messidor an II (27.7.1794)
E.N. Guérin, né à Paris, âgé de 58 ans, caissier général de la manufacture de Gressy , payeur des rentes et membre du Conseil Général de la commune, condamné comme conspirateur par le Tribunal Révolutionnaire de Paris le 9 thermidor an II (26.8.1794)
Nicolas Guérin âgé de 52 ans, né à Beaumont sur Orne (14) et domicilié à Paris, payeur des rentes et memre du Comité Général de la commune, condamné par la Convention comme traître à la Patrie le 9 thermidor an II (26.8.1794), mais exécuté le lendemain.

BIBLIOGRAPHIE: Minitel code «Ils ont perdu la tête» - Michel Lesueur: 1989.




FIN DE CHAPITRE



Date de création : 16/07/2007 @ 18:35
Dernière modification : 19/02/2013 @ 14:10
Catégorie : Histoire des Guérin
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